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La prévention du stress passe par le service RH (entretien avec Michel BERTHET, Responsable du département « Homme au travail » de l’INRS)


Le stress s’observe, dans un premier temps, par le recoupement d’indicateurs détenus par les services RH (turn-over, absentéisme, coûts des accidents du travail, maladies professionnelles, etc..). En les confortant aux informations des autres acteurs dans l’entreprise, les données deviendront pertinentes. En effet, médecin du travail, représentants du CHSCT, responsables hiérarchiques, tous disposent d’éléments de comparaison et de points de vus bâtis sur d’autres références et d’autres signes que les DRH. La démarche de prévention doit donc mêler différentes approches : techniques organisationnelle et médicale.
1. Technique : le repérage de signaux, à partir de signaux dits faibles (salariés qui s’énervent ou se replient sur eux-mêmes, ceux qui se fatiguent anormalement ou craquent régulièrement), jusqu’aux formes de dépression, les crises identitaires, les tentatives de suicide… Les salariés constituent le point de départ de la prévention, car ils sont experts de leur propre travail et peuvent expliquer les situations, organisations, ou les charges qui sont insupportables. Ils savent aussi évoquer ce qui constitue, pour eux, des éléments de confort ou de sécurité, des marges de manœuvres. Idem, les responsables hiérarchiques et les membres du CHSCT ont aussi une perception des signaux. Le service RH, en charge de l’élaboration du Document unique, peut être également le « réceptacle » de ces points de vue. Il y a donc lieu de croiser l’ensemble de ces éléments pour analyser et prévenir les risques.
2. Organisationnelle : le repérage et la prévention du stress doit passer par une approche collective, afin de ne pas tomber dans les travers de l’individualisation des difficultés, renvoyant ainsi à une sphère personnelle les difficultés et la souffrance que l’individu vit au travail. Ces approches collectives visent à à révéler des phénomènes ou des processus organisationnels et sociaux qui mettent des salariés en difficulté, avant l’apparition de tout traumatisme ou atteinte à leur santé.
3. Médicale : si jusque là, l’approche des risques professionnelles, plus technique, a permis de réduire les accidents du travail. Pour autant, l’analyse des accidents fait apparaître de nombreux facteurs appartenant à l’organisation, l’analyse des causes du stress a pour objet essentiel l’organisation ou les organisations (celle du poste de travail, de l’équipe, du flux des informations, des horaires, de la relations aux clients, des modes de rétribution et plus largement des modes de reconnaissance…). Une approche médicale permettra donc d’identifier et de desserrer les contraintes.

(Entreprises & Carrières n°914)
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