Revenir au sommaire Comment les entreprises améliorent la vie au travailLa Poste, EdF, Général Motors, etc... nombre d’entreprises, grandes et moins grandes, n’ont pas attendu les négociations nationales pour rendre les tâches professionnelles moins pénibles. Voici un tour d’horizon des initiatives adoptées, en 4 étapes : 1. Poser un diagnostic Absentéisme, accidents du travail à répétition, turn-over important, hausse des déclarations de maladies professionnelles sont autant d’indicateurs qui trahissent des problèmes de pénibilité au travail. Pour mieux les identifier, La Poste s’appuie sur un réseau de 150 médecins « maison », EdF, en plus de 170 médecins du travail et d’une médecine conseil spécifique, un observatoire de la qualité de vie au travail, planchent sur le sujet. Dans les PME, le médecin du travail est généralement le premier à poser un diagnostic, suivi par des relais tels que les Agences nationale et régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT et ARACT) : « nous avons fait appel à la médecine du travail, pour un premier diagnostic qui a permis certaines adaptations de postes, puis à l’ARACT, pour avoir un regard neuf sur nos pratiques », témoigne Patrick Leclerc, DRH de Delpeyrat (plats cuisinés, 250 salariés). Résultat : un taux d’accidents divisé par 2 en 3 ans. 2. Adapter les postes de travail Une fois le diagnostic posé, agir sur le matériel est la première mesure qui s’impose. D’autant que c’est aussi la plus facile à réaliser, surtout avec des ergonomes. Le développement des polyvalences constitue un autre type d’aménagement qui permet d’atteindre des résultats intéressants : en favorisant les rotations, les salariés évitent de répéter les mêmes gestes, il s’ensuit donc une réduction des troubles musculo-squelettiques. 3. Former pour prévenir les risques Parce que «derrière chaque machine, il y a un être humain travaillant 8 heures par jour et parfois de longues années », une formation spécifique est nécessaire. Ainsi, la formation ou l’information portent généralement sur : - La prévention des accidents du travail et des troubles musculo-squelettiques (TMS), mais peut aussi s’inscrire dans des problématiques plus vastes de type hygiène de vie et inclure la gestion du stress (telle que chez Keolis, où les conducteurs connaissent surtout des troubles liés à la posture ; - Les troubles du sommeil et de l’alimentation liés au travail de nuit (cf. centre de pièces de rechange de Gonesse de Général Motors France, où un « recyclage » en gestes et postures est systématiquement prodigué aux salariés accidentés). 4. Aménager l’organisation et les fins de carrière Repenser l’organisation afin de faciliter la tâche des opérateurs, car un «opérateur dont le travail est moins pénible est beaucoup plus efficace», admet Yves Thépaut, Directeur services et qualité de GM France. Une telle organisation, alliant systèmes d’aide à la manutention, marquage, peut augmenter la productivité jusqu’à 20 %. Mais aussi, face à l’allongement de la durée des cotisations, au vieillissement des actifs, un autre enjeu peut trouver des solutions par le maintien dans l’emploi des seniors, notamment sur des postes dits aménagés ou « doux » (pensons notamment aux profils de tuteurs pour la transmission des savoirs et connaissances dans l’entreprise). EdF ne s’en cache pas : la qualité de vie au travail est « un levier de performances », mais aussi «d’attractivité pour recruter demain». (Les Echos du 17/07/2008) Revenir au sommaire |
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